3 mai – Concert de l’Orquestra Voadora !


Hymne de l’Orquestra Voadora (Orchestre Volant). Dans le clip, MusicoGoldorak se bat contre la pollution, et il y a le Christ du Corcovado avec une fusée. C’est cool.

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J’ai sauté des événements, le temps d’en rassembler les photos et vidéos.

Seulement j’avais envie de faire le compte-rendu de la soirée d’hier soir, parce que… wow. J’ai pas pris de photos malheureusement, d’ailleurs si tu lis ces lignes et que tu nous as pris en train de jouer Le Poinçonneur des Lilas debout la voiture-lit, contacte-moi.
EDIT : …ou alors mets tout en ligne sur Facebook, ça marche aussi merci.

Je réalise que ce compte-rendu va être très confus et lourd stylistiquement, mais je l’écris autant pour m’en souvenir que pour le partager. Donc pouêt. Regardez les vidéos au milieu au moins.

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Prélude :
Après mon stage, j’étais allé acheter des cordes de violon dans le centre. (J’arrête pas d’en casser, donc cette fois-ci j’en ai pris de meilleure qualité, ça tiendra plus longtemps j’espère.) J’ai rencontré un guitariste que j’avais déjà croisé un soir précédent. Évidemment il s’appelle Fernando, à ne pas confondre avec Fernando l’accordéoniste, Fernando l’ingénieur naval, Fernanda la danseuse de cerceau… Bref on est allé faire du son un peu plus loin. Il est de São Paulo, mais son groupe se bougeait pas assez à son goût et il en avait marre de donner des cours d’anglais, donc il a tout vendu et a pris le premier bus pour Rio.
On joue une petite heure mais c’est un peu difficile, on a pas le même répertoire et mes solos finissent par se ressembler (et me fatiguer la main, parce que je suis hardcore).
Note : je crois avoir remarqué que mes phalanges de la main gauche ont gagné de la chair, le violon ça muscle les doigts.
Note 2 : j’ai remarqué ça dans la file d’attente d’une caisse de supermarché, j’étais hypnotisé par ma main depuis dix secondes… quand le caissier me dit qu’il y a une autre caisse de libre. « Hein ? Euh… Oui. Non. Ca va. Je suis quelqu’un de normal je le jure. …Désolé ? »

Donc j’étais déjà dans le Centro, on s’était combiné avec Jean et Fernando (les accordéonistes, cette fois-ci) pour prendre les places à 18h30 pour le concert de l’Orquestra Voadora de ce soir. Eux viennent de Botafogo plus au sud, donc je me retrouve à me balader vers Lapa en début de soirée, je me sens safe mais je traîne pas trop quand même. A un moment, de l’autre côté des voitures, je vois un homme faire un feu de bois sur le terre-plein qui longe la route…
Aussi, un couple de dos qui m’est familier : les Allemands ! Sofie et Hannes, des Sailing Conductors. Avec leur pote Benni et sur leur voilier Marianne, ils font un tour du monde en enregistrant les musiciens dans chaque pays traversé. Ils ont tout compris à la vie. On les a rencontré il y a quelques semaines, et depuis ils nous ont enregistrés. Les photos là, les vidéos à venir.
Eux rentrent sur leur bateau à cet instant, donc nos chemins se séparent après cinq minutes. Cent mètres plus loin, j’arrive à Lapa.

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Acte I :

(Chameleon, quoi. Aux jams de mon école, elle se joue avec un trombone et une trompette… On devrait recruter auprès des prépas joueurs de sax baryton)

Le spectacle est au Circo Voador, près des Arches de Lapa, une salle à grands concerts où ne jouent que des groupes cools… C’est un vaste espace circulaire ouvert (des palmiers et les étoiles !), les bars sont sur la circonférence, et au milieu il y a une grande structure avec piliers et toit pour abriter la scène et le public. L’entrée est à 60 reais en plein tarif (pas cool) et à 30 reais en tarif étudiant ou si tu amènes 1 kg de nourriture qui sera donnée à une oeuvre caritative (cool). Ou alors… Ou alors tu te balades avec des instruments et un ami du groupe comme Fernando, et il te fait faire le tour du bâtiment pour passer par une porte dérobée. La sécurité nous laisse passer sans poser de questions, et l’instant d’après BOOM ON EST DANS LA PLACE. Le temps de comprendre ce qu’il se passe on a déjà posé les instruments dans la loge de l’orchestre et on se pose pour regarder leur balance de son. Ce qui fait qu’on a droit à un petit concert privé. On a droit à Ferro Velho, la chanson-titre de leur nouvel album, alors que dans le public on est cinq.

http://www.orquestravoadora.com.br/ferrovelho/

Et qu’est-ce qu’ils envoient !
Tuba, trombones, tambours, batterie, trompettes, saxophone baryton… derrière eux, un oiseau monumental en métal (« Orchestre Volant », « Ferro Velho » = « vieux fer », tout ça tout ça) qu’ils ont réalisé eux-mêmes et auquel sont accrochées des timbales et autres percussions qu’ils utilisent dans certaines musiques. Avec le jeu de scène des cuivres et les mouvements chaloupés des percussionistes, c’est même beau à voir.

Alors que Fernando est parti tenter de négocier des bracelets d’entrée pour nous, Marcello (ou Thiago ?) le tromboniste vient discuter avec Jean et moi entre deux musiques. Ils sont assez fan de la France, sa copine italienne vit à Paris, il aime la ville mais jouer dans le métro là-bas rapporte rien et les gens sont assez froids… Oui effectivement quand tu as vécu au Brésil toute ta vie, ce point de vue peut se comprendre.


(Ce qui ne les a pas empêché d’enregistrer une musique à Belleville… le jour de mon anniversaire, love )

Fernando nous présente ensuite son ami Juba le trompettiste ; je lui demande s’il connait un certain « Pastis », un ami tromboniste de Leslie ma coloc. Non, il ne connait pas l’homme, mais il connait la boisson. Et la chanson. On s’est retrouvé à chanter « 51 je t’aime » à Rio de Janeiro avec le trompettiste de l’Orquestra Voadora.

Les balances s’achèvent, les musiciens descendent de scène et on se regroupe tous autour de leur VoadoraMobil : une voiture-lit. Un matelas sur châssis et roues, et un système radio/enceintes ; il faut pousser le véhicule pour le faire avancer, mais il y a un volant pour les manœuvres. La voiture a été réalisée et leur a été prêtée par une troupe d’artistes pour une exposition. Anecdote : apparemment à la fête d’inauguration de l’exposition ils ont fait un cortège avec cette voiture-lit, une fille a commencé à grimper dessus et dansé en se dénudant… Les musiciens m’ont raconté ça des étoiles dans les yeux ; ils ont fait cercle autour d’elle pour la cacher quand la police est passée, le temps qu’elles se rhabille un peu…

Bref. J’ai faim quand même un peu. On sort vingt minutes avec Jean (feeling de vip, « Hey gardien, on peut sortir et rerentrer dans pas longtemps ? Ok, beleza ! »… mais qu’est-ce que je fais ici au juste ?!) le temps d’acheter un burger et des bières (et de l’eau, si si). En revenant, ils sont en train de bouger la voiture… On donne un coup de main pour la mettre sur la petite estrade extérieure entre les poufs et les palmiers.

3 mai 2013 : j’ai fait un créneau avec la voiture-matelas de l’Orquestra Voadora.

(Je pense que je rédige cette note de blog juste pour pouvoir écrire la phrase ci-dessus en fait.)

Peu après, les musiciens rentrent chez eux avant le concert (il est genre 20h, leur partie de concert commence à 2h), Juliana la copine de Fernando arrive, ainsi que nos colocs et leurs potes.

Acte II :
On se retrouve donc à une petite dizaine, Fernando et Juliana, Gianna et Leslie de la maison, et les cinq amis capoeiristes de Leslie venus passé des vacances au Brésil. Je voulais les rencontrer donc c’est cool. Il y a le susmentionné Pastis ; aussi tromboniste/trompettiste, il est plus connu dans le milieu musical par le surnom Haribo… et deux personnes dans le monde doivent l’appeler par son vrai prénom, j’ai cru comprendre.
On discute de la vie, allongés sur la voiture-lit de l’Orquestra Voadora (je tiens à le mentionner le plus souvent possible, ça se voit ?), on boit des bières et je pique un peu du nez à un moment je dois l’avouer. Sur la voiture-lit de l’Orquestra Voadora. Enfin c’est kiffant. Ces dernières semaines je ne passe plus beaucoup de temps avec des non-musiciens en fait, donc ça fait plaisir.

Attention derrière toi un ours !

Leslie, à qui je pique les photos pour cet article. Aussi, derrière, je roupille glorieusement.

Enfin ça empêche d’avoir les doigts qui démangent.
« Hey on a les instrus, on se lève et on joue sur la voiture-lit de l’Orquestra Voadora ça te dit ? ». Tope. Donc on se fait trois chansons vite fait.
Dont le Poinçonneur des Lilas version manouche. Sur la voiture-lit de l’Orquestra Voadora, entre deux palmiers et des amis et des bières et sous les étoiles.

Le slogan de mon école c'est "ingénieur vraiment". Voilà voilà.

Le slogan de mon école c’est « ingénieur vraiment ». Voilà voilà.

Le groupe de première partie se met à jouer assez tard, parce que la foule arrive assez tard aussi. Ils sont bons, mais j’ai pas capté leur nom. Fernando me prévient qu’il va essayer de négocier dès qu’ils s’arrêtent, pour qu’on puisse faire un son sur la scène. Je suis moyen chaud en fait, mais c’est une opportunité à ne pas laisser filer, donc je me tiens prêt. Si j’arrive à jouer du violon sur la scène du Circo Voador avant de rentrer en France, je… je n’ai pas vraiment de mots pour ça. Je serais fier. Et je sauterais sur place d’excitation pendant deux semaines, avant et après.

Cependant à l’heure H, Fernando a disparu, Jean est dans les loges en VIP à jouer du piano et manger avec l’Orquestra Voadora. Petit veinard.

Fernando qui jamme avec le sax baryton, un gars impressionnant sur scène...

Fernando qui jamme avec le sax baryton, un gars impressionnant sur scène…

T'es pas un vrai groupe si t'as pas un trompettiste déguisé en Totoro

T’es pas un vrai groupe si t’as pas un trompettiste déguisé en Totoro

Petit aperçu d'un espion dans les loges

Petit aperçu d’un espion dans les loges

A l’entracte, je retrouve des têtes connues dans le public, et ça fait plaisir. Le gens bien sont forcément fans l’Orquestra Voadora en fait… Ainsi pas mal de Français musiciens, Jordan rencontré par l’université, Michel rencontré au carnaval, Clement rencontré à la Praça São Salvador, et aussi Deborah la photographe, la flûtiste du groupe de Nina, et une femme qu’on a croisé plusieurs fois à la Praça São Salvador mais dont je connais pas le nom.
(« Vous avez déjà vu plusieurs fois des personnes que vous connaissez pas ? Comme si Dieu était à court de figurants dans le film de ta vie ou quelque chose comme ça ? », Louis CK)

Alors que je suis calé sur la voiture-lit (…de l’Orquestra Voadora), Pastis vient nous voir : « Hey ils montent sur scène venez ! »

Acte III :

Leur concert commence, et là c’est cool…
Leur première musique commence avec les percussions installées sur l’oiseau de métal derrière eux, puis le groupe arrive et met le feu pendant deux heures. On se cale dans les premiers rangs à sauter sur place ; j’ai du entendre deux fois leurs musiques originales avant mais j’ai l’impression de les connaître par cœur. La vie est belle. Un saxophoniste français de la fanfare de Centrale Paris, pote du groupe et avec qui j’ai parlé plusieurs fois, fait une apparition en guest musician pour quelques morceaux, et il assure sa partie. Cocorico ! A un moment ils font monter plein de gens sur scène…

Voilà, la vue qu'on a depuis la scène à un concert au Circo Voador. Yeah.

Voilà, la vue qu’on a depuis la scène à un concert au Circo Voador. Yeah.

Fernando me fait « Hey, on est sur scène, on a les instru en backstage, on va les chercher ? » C’est stupide mais une occasion à pas rater… et c’est ainsi que j’ai effectivement joué du violon sur la scène du Circo Voador. (Pour la première fois, hein)

Bon, on n’était pas amplifié et je m’entendais pas, mais techniquement c’est vrai.

La chanson suivante est Pagode Russo… Une reprise de Luis Gonzaga qu’on joue avec la troupe ; je joue la chanson à peu près tous les jours, et là je vois l’Orquestra Voadora la jouer sur scène ! Yeah (bis) !

Vers les trois quart de leur set, ils descendent de scène pour jouer dans la foule. Retour aux racines de la musique dans la rue et dans les cortèges de carnaval, on fait une ronde autour d’eux, tout le monde rit et danse et chante et ils jouent Bubamara d’Emir Kusturica et yeah (ter) !

Epilogue :
Il est 4h du matin, ma chemise est trempée et mes oreilles sifflent. J’avais une soirée d’after potentielle chez un copain pianiste, mais il est trop tard et j’avais plus de force. De même, la jam au Bar da Cachaça avec les musiciens survivants du concert est théoriquement tentante, mais je suis saturé de musique pour la nuit. Jean et Fernando y passeront la nuit, mais je prends un taxi avec Leslie pour rentrer à la coloc et dormir longtemps.

Addendum :
Leslie rentre avec le chapeau de Fernando, et lui a perdu une tong dans la foule ; il en a retrouvé une autre, mais c’est une deuxième tong gauche. J’ai mal aux zygomatiques à force de sourire.

Interlude – Clips

J’ai plusieurs posts à écrire, mais ils impliquent des vidéos et c’est compliqué à récolter, choisir et mettre en ligne. Par exemple j’en ai de la parade de Noël…
Donc je procrastine, désolé. Par ailleurs ces temps-ci je me lève, part au stage (je commence à vraiment faire des choses, incroyable !), et rejoint Jean mon coloc accordéoniste et/ou la Trupe dos Errantes en sortant pour aller répéter ou jouer dans la rue… Et c’est cool. Et en rentrant j’ai pas la tête à blogger. Bref, ça fait quatre semaines depuis le dernier post. C’est mal.

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Sinon, ce mois-ci ça bouge pas mal.
Fernando l’accordéoniste m’a incorporé au groupe de Irish Punk Riot on the Ship. On a fait un concert bien reçu pour la Saint Patrick, investi le cachet et le bon retour pour faire des enregistrements et les envoyer à un producteur de Rock In Rio. Rock in Rio c’est un festival de pop/rock/metal aux grosses têtes d’affiche américaines, Justin Timberlake, Beyoncé, Metallica, et surtout Iron Maiden.


(Une valse des Dreadnoughts, mais si je dis que je l’ai composée, ça passe bien aussi :p)


(Mon répertoire s’élargit, à côté d’Edith Piaf et Yann Tiersen et le forro et du sertanejo et de l’Irlandais… maintenant du punk brésilien !)

Et avec ce matériel, le contact du festival… a accepté le groupe !
http://rockinrio.com/rio/line-up/

Ce serait au Rock Street, mais bon.
Il reste encore des trucs administratifs avant de pouvoir l’annoncer, genre avoir une licence de l’Ordre des Musiciens Brésiliens… Personnellement je n’en ai pas, ne peux pas l’avoir et n’en ai pas besoin de toute façon : à l’heure du festival, je serais rentré en France pour étudier l’ingénierie. Argh.

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J’ai parlé de la Trupe dos Errantes un peu avant dans ce billet. On est une demi-douzaine (+/- deux, ça dépend de l’époque), on joue un peu partout, attaques d’art spontanées, j’apprends énormément… J’ai dit que j’avais la marque du violoniste ? L’hématome qui ressemble à un suçon sous le menton sur la gauche, dû au contact prolongé avec la mentonnière. J’aime. Si tu l’as pas à 25 ans t’as raté ta vie.

La semaine dernière on a participé à l’EREA, festival d’étudiants en architecture. J’ai plein de photos pour un billet ultérieur, mais pour aujourd’hui, je dirais juste qu’on a fait un spectacle qui a bien plu. Une fille a tout filmé… On devrait pouvoir en faire un clip quand on aura reçu les enregistrements du lendemain. (Oui on a fait un enregistrement le lendemain d’un festival. C’était pas forcément une bonne idée, on était tout mort.)

Donc, la vidéo :

Commentaire : la danse traditionnelle française en ronde gigantesque vers 11’28 » était juste incroyable.
Deux regrets : le son sature (on remplacera le son de toute façon), et on voit pas beaucoup Jean.

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Et pour la rubrique « Animaux qui font des trucs cools », cette fois-ci c’est Donald qui découvre Rio, et la première apparition de José Carioca, qui joue Tico-Tico no Fuba. On joue cette chanson dans la Troupe aussi, mais à la flûte plutôt qu’au parapluie. Pour le moment.
http://www.youtube.com/watch?v=lUMuOXpij6s

Interlude – Cinéma


Je mets ça là même si ça a pas grand chose à voir, parce que BON SANG DE BOIS ils sont doués. C’est Les Yeux Noirs, avec une intro sur Chaplin (ce qui peut se relier au titre du billet). On joue ces deux chansons, par ailleurs, mais je sonne moins bien que leur violoniste.

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Pendant les longues soirées de tempête et de pannes d’électricité de mars, mon coloc a perfectionné ma culture cinématographique.

Chat Noir, Chat Blanc – Kusturica

Djindji rindji Bubamaro
Ciknije shuzhije
Ajde mori goj romesa !

Pour moi Kusturica c’est surtout celui qui se promène avec son orchestre pendant le Festival de Cannes….
Chat Noir Chat Blanc doit être son film le plus connu.
L’histoire se déroule en Serbie, et suit la vie d’un Rom magouilleur mais malchanceux et de son fils honnête et amoureux. Le cadre est superbe, les personnages attachants, la musique incroyable et la fille adorable (mon pote parti en road trip jusqu’en Russie me confirme que les Serbes lui ont laissé de très bons souvenirs)… Et à la fin ça finit bien (spoiler !). Un film qui rend heureux.

Miracle, le film peut se regarder là :

Magie de Youtube.

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Parmi mes souvenirs les plus lointains, j’ai du mal à faire la différence entre ce que j’ai vraiment vécu, ce que j’ai rêvé et ce dont je crois me souvenir après avoir eu des récits des événements… Mais un souvenir en particulier reste marqué, sans que je ne sache trop pourquoi. Celui d’une image d’une bande-annonce vue au journal télévisé, pour un film écolo appelé La Belle Verte. Une femme extra-terrestre arrivait dans un jardin dans une bulle blanche. Un film français de science-fiction, ça a dû me paraître étrange…

Eh bien 16 ans après, j’ai fini par le voir, à Rio. Qui l’eut cru ?

Bande-annonce :

Film complet (décidément…) :

A voir pour tous les gens un peu écolos…

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Aussi, Snatch.


Un film qui parle de petits lapins et de licornes, donc.

Violence, gangsters et fils d’histoire qui s’entremêlent et finissent par se rejoindre dans un scénario bien mené.

Aussi, Brad Pitt en nomade irlandais champion de boxe.

De rien, mesdemoiselles.

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Prochain billet : encore de la musique !

Lundi 18 mars – Basilique

C’est parti pour Pâques :

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Ce jour-là je me suis levé motivé. J’étais limite prêt à aller courir… mais Dieu merci je n’ai pas l’équipement nécessaire, ça m’a évité de faire du sport. Je suis quand même descendu de ma colline, et en bas j’ai trouvé la Basilique de Botafogo, Saint-Machin-du-Bidule.

Amen

Amen

Elle est moche à l'extérieur, mais c'est la beauté intérieure qui compte.

Elle est moche à l’extérieur, mais c’est la beauté intérieure qui compte [lol].

Visite plutôt sympathique. J’ai jamais compris pourquoi Harry Potter avait si peur des basiliques dans La Chambre des Secrets.

Odette, qui fait une très grasse matinée

Odette, qui fait une très grasse matinée

Une ampoule a grillé en haut à gauche. Combien faudrait-il d'orthodoxes pour la changer ? Un seul, mais il le ferait à trois doigts et il mettrait dix minutes à se rendre compte qu'il la visse au lieu de la dévisser.

Une ampoule a grillé en haut à gauche. Combien faudrait-il d’orthodoxes pour la changer ?
Un seul, mais il le ferait à trois doigts et il mettrait dix minutes à se rendre compte qu’il la visse au lieu de la dévisser.

C'est quand même joli, pour un temple protestant

C’est quand même joli, pour un temple protestant

"Arthur, en vérité je te le dis, tu as une tâche là. Pistache. Amen."

« Arthur, en vérité je te le dis, tu as une tâche là. Pistache. Amen. »

Je renonce à la contrepèterie avec "immaculée"

Conception in vitraux

Voilà voilà, j’aime bien tout ce qui est église etc. Je devrais arrêter de passer mes matinées à visiter des sites de culte ceci dit. En rentrant je me suis tapé la pluie…

Du coup une seule chose à faire :

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Au prochain billet, on fait un interlude pour parler de cinéma, et ensuite je posterai des vidéos d’un Turc qui joue avec mon violon.

Samedi 16 mars – Salut, Patrick !

Bon sang de bois, commencerai-je à publier un peu régulièrement ? C’est plus louche qu’une cuillère pour servir la soupe…
J’ai toujours 2 lecteurs max par jour, remarque. Je manque peut-être de mots-clés et de gifs avec des animaux rigolos.

Cowabunga

Une tortue qui tombe la tête la première = buzz assuré ?
Tiré de « Buzzly ». Pensez à forwarder ce billet à tous vos contacts mails, et sans copie cachée (la copie cachée ça sert à rien).

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Playlist du billet :


(C’était notre setlist.)

Samedi 16 mars, c’était la Saint Patrick, la fête des Irlandais, de leur musique, de leurs coutumes, du médaillon Triskell et de tout ce qui est Seigneur des Anneaux et autres celtitudes. Et de la bière aussi un peu, dit-on.
J’ai déjà pu constater cet été que les Irlandais sont soiffards (cf la préquelle à ce blog, « un Violoniste à Galway pour Tirer sur des Bouts de Bois », publication en négociations avec la maison d’édition). J’ai également pu tester la réputation des Russes (cf « un Ukuléliste en Sibérie ») et des Polonais (cf « un Violoniste et 20 000 jeunes de Taizé à Poznan au nouvel an ») …Et des Français (cf « Ingénieurs vraiment »). Et des Belges aussi, tiens (cf « Bon d’accord j’arrête avec cette blague »).
…Sans que ces divers stéréotypes aient quelque chose à voir avec le choix de mes voyages, hein. Non non non.

Bref. Les vacances sont arrivées (yay !), et j’ai pas mal répété (seul ou avec le groupe) pour la soirée de la Saint Patrick avec les ROTS. ROTS, c’est en fait le groupe « Riot on the Ship » (soit en français, « Mutinerie sur la fine tranche de pomme de terre cuite dans l’huile »), des Cariocas qui font de la musique irlandaise. Enfin, des Cariocas et un Français, donc.

Rendez-vous pour se préparer et faire les balances à 19h. J’arrive à 19h, c’est à dire largement en avance sur l’heure brésilienne… En attendant je filme les balances de groupe Café Irlanda.

La fille est irlandaise, et le violoniste a passé six mois à Paris pour apprendre la vielle à roue.
Digression : si tu écoutes un morceau traditionnel avec un violon en doubles-cordes qui arrive à faire des accords qui devraient en toute logique exiger de lui qu’il se scie les doigts à un moment, c’est que c’est sûrement de la vielle à roue.
[oui je viens de faire une blague réservée aux violonistes amateurs de musique traditionnelle, parce qu’ils constituent le coeur de mon lectorat…]

Nos balances de son sont nazes. Mon petit microphone pas adapté du tout donne un son de pauvre qualité, donc les gars du son le remplacent par un micro sur pied. Et du coup je suis rapidement noyé dans la basse/batterie/guitare. Encore une fois. C’est frustrant. J’envie le violon électro-acoustique de mon confrère de l’autre groupe… Fernando le banjoniste/mandoliniste est directement amplifié donc ça va, mais Fernando l’accordéoniste/flûtiste, bien qu’ayant un meilleur micro que le mien, est aussi mal sonorisé. C’est mauvais présage tout ça…
J’en ai rapidement marre et après ça, on va enfin pouvoir jouer, dehors, debout sous l’oeil de Dieu, juste pour la joie de le faire. C’est comme ça qu’on doit jouer de la musique.

Et avec des chemises de la mauvaise couleur !
Et en se concentrant sur son doigté plutôt que sur son visage, pour se retrouver à faire tout le temps la grimace !

Je retrouve mes colocs ! Ils sont tous là, ça fait plaisir. Dans la file d’attente qui s’étend déjà, les gens commencent à danser et chanter et taper des mains sur ce qu’on joue, une flûtiste nous rejoint, je gagne un chapeau vert.

L’endroit est sympa, les musiques bien choisies, j’ai entendu un remix de Tri Martolod (… »La tribu de Dana », quoi) et ça m’a surpris en bien.

Et vers minuit, c’est à nous. La salle est motivée et j’entends mes colocs me crier des encouragements.

Moi : « Un deux, un deux… EEEEST-CE QUE VOUS ÊTES LAAAA ?!! »
La salle : « …Hein ? qu’est ce qu’il a dit là le Français avec son accent ? »

On a pas mal envoyé, et les gens ont aimé. Par contre c’était pas grâce à moi… J’ai joué parfois complètement à côté de la plaque, parce que je m’entendais pas… et le public non plus, ni violon ni accordéon, et peu de voix, juste basse/batterie/guitare et banjo/mandoline. C’est frustrant quand j’y pense, donc je vais pas trop y penser. Disons qu’après trois fois où à la fin d’un morceau tu parles dans le micro pour savoir s’il est branché, et qu’il l’est pas, tu commences à moyen aimer la technique.

Enfin j’ai kiffé jouer quand même, et la soirée reste chouette. Je rate le moment de la compétition de costumes et de danse irlandaise. Je dédicace une photo pour une fan, héhé. L’autre groupe Café Irlanda est bon, même si le son de leur violon et du bodhran (la percussion irlandaise) est bas… Au moins j’ai pu profiter de leur show pendant les balances.

On rentre avant que je sois vraiment fatigué, mais les gens que je connaissais commençaient à s’en aller en masse.

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Ne ratez pas le prochain billet : révélations exclusives sur le vrai pouvoir des réseaux francs-maçons et le lien entre sexe, prostitution et violence dans les cités !

(si avec ça j’ai pas deux-trois lecteurs en plus…)

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Bugger off !

Intermède – Quelques photos

Aujourd’hui un billet qui n’a rien à voir.

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Dimanche je suis allé à la messe !

Dimanche je suis allé à la messe !

Déjà plein de monde... à celle de 8h.

Déjà plein de monde… à celle de 8h.

Le matin de la première chute de neige à Paris, j'ai regardé par la fenêtre, et il allait faire 28°C

Le matin de la première chute de neige à Paris, j’ai regardé par la fenêtre, et il allait faire 28°C

Atelier accordéon dans le chambre de Jean. Il en a acheté un pour pas cher, quelques réparations plus tard il est comme neuf ! (l'accordéon, pas Jean)

Atelier accordéon dans le chambre de Jean. Il en a acheté un pour pas cher, quelques réparations plus tard il est comme neuf ! (l’accordéon, pas Jean)

Voilà, d’habitude je fais des posts avec que du texte et peu de photos, là j’ai voulu changer.

Par contre pas de blague, désolé, voilà plutôt deux chats tout mignons :

miaou

bim paf pouf

Mardi 5 mars – Extension du domaine de la lutherie

Mardi 5 mars je suis allé voir le luthier Newton Rolla.


(c’est lui)

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Ce billet n’aura pas beaucoup de blagues, ni beaucoup de photos, alors pour compenser :

Je me souviens encore du jour où Dieu est sorti de terre et m’a indiqué mon destin. Il m’a dit, « mmmmmph mmpph mmmph. » Je ne sais pas ce que ça veut dire, mais je ne l’oublierai jamais.

[…non c’est pas de moi, ça vient de Cracked.com, malheureusement]

***

Contexte :
Depuis quelques semaines j’avais quelques problèmes techniques successifs avec mon violon. En plus, mon archet commençait à perdre sévèrement ses crins ; j’en étais à mon deuxième ou troisième archet chinois acheté pour une bouchée de pain dans un magasin de musique…
J’avais également un archet français dans ma housse, mais il avait lui aussi besoin d’un reméchage, et les magasins où j’allais ne fournissait pas ce service. C’est dommage, ça faisait partie de mes cadeaux de Noël.

Toujours est-il que ce week-end là, j’avais demandé (via Facebook) à Nicolas Krassik s’il pouvait me recommander un luthier pour mon archet. Krassik, c’est l’autre violoniste français au Brésil… enfin, c’est plutôt moi « l’autre », lui il gagne la première place par l’ancienneté, le talent, la notoriété et le référencement Google.
Lundi, il me répond et me conseille : Newton Rolla, luthier pour violon de Rio, 40 rua das Marrecas (si ce billet de blog peut lui faire de la pub, c’est pas plus mal).
Son atelier est située dans une rue près de Lapa, facile d’accès mais il faut savoir où aller ; même arrivé devant l’immeuble, il faut regarder un panneau ou demander au portier… Il n’a pas l’air de s’inquiéter de faire sa publicité, il laisse juste parler ses compétences. Et chez lui, les pièces sont remplies de pièces à réparer, donc ça a l’air de marcher.

Arrivé devant l’appartement 803 de l’immeuble, j’appuie sur la sonnette et il vient m’ouvrir : un petit homme aux cheveux tout blancs, ridé comme… quelqu’un de ridé. Il doit avoir entre 70 et 300 ans. Je rentre dans l’atelier. Oh, il s’attend à ce que je parle, qu’est ce que je peux dire ?
« Bonjour, euh… j’ai un violon. »
J’ouvre mon étui et sors mon archet.
Après deux-trois phrases expliquant mon souci avec la même éloquence, il me fait remarquer que mon portugais a des problèmes, je suis là depuis combien de temps ?
« Euh… trois mois ? trois mois. Si j’étais là depuis six mois je serais bien plus compréhensible, bien sûr. Héhéhé. »
« Et tu joues ici ? Dans un orchestre ?
– Ouinonenfaiteuh… je joue ici, mais dans un groupe de… de musique irlandaise. Des polkas et des reels.

Le groupe s’appelle Riot on the Ship.
Et je joue dans la rue aussi.

 »

Il me fait un bon de commande avec copie carbone, trois jours pour remêcher, coût de ce que j’aurais payé en France, ça va. Pendant qu’il note mon numéro de téléphone, je jette un coup d’oeil à l’endroit.

Merci Bonjour Panda Roux

Là j’aurais dû mettre une photo de l’endroit mais j’avais bêtement oublié ma carte mémoire à la maison, donc regardez plutôt la vidéo ou imaginez l’endroit à la place de ces deux pandas roux tout mignons.

Trois pièces, des violons et des archets et des chevalets à toutes les étapes de fabrication et restauration, des outils ayant visiblement vécu, des coupures de journaux…
Je récupère le bon de commande, il me rappellera quand ce sera prêt, sûrement à la fin de la semaine. Moi techniquement j’en ai juste besoin pour la Saint Patrick le 16 mars, ça me va.
En passant, je crois que mon chevalet est un peu en biais, il peut vérifier qu’il est dans la bonne position ?
« Mais… mais il est tout naze ton chevalet ! Il est beaucoup trop bas !
– Oh. Je l’ai fait refaire il y a deux semaine chez le luthier Garcia, l’ancien était voilé et j’avais peur qu’il craque… Tenez j’ai justement l’ancien dans ma poche.
– Mais il est très bien celui-ci ! Attends, je te le prends cinq minutes, alala… »
[il prend le violon, commence à bidouiller, enlève l’ancien chevalet, en prend un autre sur sa table]
« Tu vois ça ? ça c’est un chevalet, je viens de le finir pour un autre client. Celui que t’as là, c’est… c’est juste de l’argent jeté au feu ! »
Autant pour avoir consulté un professionnel pour le faire…

Il prend alors mon ancien chevalet, le scie, me demande si la hauteur est bonne, le ponce méthodiquement au papier de verre, perce des encoches pour les cordes. Au passage il sort un outil étrange, comme un couvert pour manger les escargots, l’insère dans mon violon et en sort l’âme (le petit cylindre de bois qui transmet le son depuis la table sous le chevalet au dos de l’instrument, et le fait sonner). Il la regarde avec dédain. J’ai clairement le sentiment de pas être à ma place, j’ai dix ans de profs de violon classique qui me reviennent pour me dire « je te l’avais bien dit, tu devrais travailler plus souvent tes gammes plutôt que glandouiller avec de l’impro blues ; ah ça impressionne un peu c’est sûr, mais au fond t’y connais rien ». Diantre. Le luthier passe de la craie sur les bouts de l’âme, et la remet en place.
Il passe un peu d’alcool avec un chiffon doux sur mon chevalet poncé et remis à neuf, puis sur la touche, la table…
« Tiens maintenant tu peux l’accorder et l’essayer. »
« Euh… »
« Oh tu veux un diapason ? »
Oui désolé j’ai pas l’oreille absolue. Pardon.
Tching ! tchang ! tchouiiing ! tchooong ! (tentative d’accordage approximatif au diapason et en pizzicato)
D’ailleurs ça reste faux, mais je vais quand même pas sortir mon accordeur électronique, ça semble un sacrilège.
Bon alors pour jouer, euh… J’ai juste mon archet chinois à 30 reais, aux crins à moitié arrachés par l’usage. J’aurais honte de jouer avec dans cet endroit.
« Ah oui, au fait, tiens petit, prends celui-là plutôt. »

Il me tend un archet à la hausse en ivoire. Je l’avais vu dans sa vitrine en attendant. Il était noté à deux mille reais.
Mon riff irlandais nerveux sur mon violon vaguement accordé s’élève quand même avec grâce dans la petite pièce.
« Ah. Oui. D’accord. Bien. Bien bien bien. »
« Ca va ça te plait ? »
(« Je viens de vivre une expérience nouvelle et quasiment spirituelle là, d’assister au travail d’un maître-artisan dans le plus beau des domaines, juste parce que tu as décidé d’être gentil. C’est même un beau résumé de ma vie musicale au Brésil, des gens bien plus doués que moi que je rencontre par hasard et qui m’acceptent quand même et font sortir le meilleur de mes capacités. C’est aussi un beau cadeau inattendu pour mon violon, devenu au fil des mois mon compagnon de chaque instant, avec qui j’ai vécu autant, à la fois en durée et en intensité, qu’avec les meilleurs de mes amis, dans les bons et les mauvais moments, et qui a nettement ouvert ma vie sociale ; il méritait d’avoir un check-up par quelqu’un comme vous. Merci, merci infiniment. », manquais-je totalement de dire.)
« Bah, euh, oui, oui oui ça me plaît. Super. » répondis-je réellement.
« Nan parce que là ton chevalet était naze et ton âme était mal placée, tu devais avoir un son tout faible. »
« Aaaaaah c’est pour ça. Effectivement, depuis que je l’ai fait remettre en place par Saxo de Ouro, une boutique de la rue des magasins de musique, mon son était pourri. »
« Voilà. Allez à bientôt. »

Voilà. En rentrant j’ai mangé une glace à la vanille.

***

J’ai écrit ce texte le soir-même en rentrant. En y retournant vendredi pour récupérer mon archet, j’ai croisé Rodrigo, le violoniste de Go East Orkestar dont j’ai parlé dans le précédent billet. Donc en tout je connais trois violonistes qui font des concerts à Rio, l’un m’a recommandé Newton Rolla, l’autre y est allé et je l’y ai rencontré, et le troisième c’est moi et avant de partir le luthier a vu que ma colophane était naze et m’en a donné une autre top-niveau, spontanément, tout en me montrant une meilleur façon de l’appliquer sur l’archet pour éviter de le voiler à la longue. Voilà. Donc Newton Rolla, le meilleur ami du violoniste au Brésil.

***

Allez une dernière blague pour la route :

Chaque jour depuis que j’ai installé mes panneaux solaires. Chaque satané jour.

[Rendre à César ce qui appartient à Cracked.com encore une fois…]

Samedi 16 février : Carnaval ! – Une dernière pour la route


Clip de l’Orquestra Voadora dans les rues de Paris… tourné le jour de mon anniversaire ! Je le prends personnellement.

***

« Nom d’un toucan, » te dis-tu, fidèle lecteur ou lectrice, « encore un post de carnaval ? Mais cet événement n’a-t-il donc pas de fin ? Les cariocas vont-ils se déguiser toute l’année pour faire la fête, jusqu’à recommencer l’année d’après, dans un cycle éternel de percussions, une sorte d’Ouroboros à plumes dansant la samba ? »
Eh bien non, promis c’est le dernier billet, et après je parle de la messe et du stage et des soirées belote.

***

Après un Jungle Speed (les jeux c’est bien) et un poulet coco avec Sandra, on part à la plage ! Le bloco là-bas s’appelle Mulheres de Chico, un groupe de femmes qui jouent des musiques de Chico Buarque. Malheureusement on était loin, elles étaient sur une scène montée pour l’occasion, donc ça bougeait pas beaucoup. En comparaison avec la semaine passée, j’ai compris que finalement les blocos qui se déplacent dans les rues, c’est malins : ça pousse le spectateur à s’immerger dans la fête et lui donne un sentiment de participation, plutôt que rester statique et passif comme pour un concert.

Oh mon Dieu je suis à Rio ! C'est trop chouette ! youpi youpi !

Plage de Leme. La scène est derrière à 200m, mais la vue de ce côté est plus jolie.

En quittant l’endroit, un mec me dit bonjour dans la rue. Je souris et le salue, mais sans savoir du tout qui il est. Puis il me dit : « Sinon normalement tu sais pas du tout qui je suis. » …Bonne pioche. Eh bien il s’appelle Bruno et il m’a vu à deux concerts avec Jupara e O Rato Azul, et il a kiffé ! Je crois qu’il a surtout apprécié mes solos majestueux et mon sens du rythme époustouflant (j’ai peut-être mal compris le portugais là, mais laissez-moi rêver). Toujours est-il qu’il m’a reconnu dans la rue parce qu’il est fan. Voilà. J’ai des fans qui viennent me saluer dans la rue.

Sinon ça fait longtemps que j’ai pas de photos d’animaux mignons sur ce blog, alors voici un bébé ours polaire qui apprend à marcher :

Vu sur reddit (évidemment)

Allez tous en choeur : « awwww ! »

On se rend ensuite sur la place Largo do Machado pour voir le Go East Orkestar, fanfare de musiques des Balkans ; Fernando en fait partie et j’avais eu l’occasion de jouer avec certains d’entre eux. Ils sont bons… et ils ont un violoniste, Rodrigo. Rappelez-vous de lui, il fera un passage dans le billet de demain. Ceci dit, on ne l’entend pas entre les saxophones et le tuba.

La dernière fois que j'ai voulu jouer torse nu en short en février dans la rue, mon nez a gelé et est tombé

La dernière fois que j’ai voulu jouer torse nu en short en février dans la rue, mes doigts ont gelé et sont tombés

Pour la soirée, on monte à Santa Teresa pour une autre fanfare : Os Siderais. Leur saxophoniste était venu à la nuit de la fin du monde, et il est cool.


(ça c’est eux à Paris, kiffage de vibe)

Les Siderais sont sidérants. Cette dernière phrase est sûrement interdite par la Convention Internationale des Calembours, désolé. Dans un premier temps la place est trop petite pour qu’on puisse bien les voir, donc on fait de la musique à côté en attendant.

J'allais pas passer une journée sans faire de violon quand même

J’allais pas passer une journée sans faire de violon quand même


(Les flûtistes ci-dessus sont au top, et Nina la fille au milieu a été recrutée par la Troupe)

La fanfare fait une pause. C’est terminé ? Non, ils commencent à bouger ! Et là ça devient fou. Dix mille personnes qui descendent les ruelles de Santa Teresa, des chansons criées à tue-tête, des chorégraphies où d’un coup tout le monde s’accroupit en poussant des cris de guerre d’Indiens d’Amérique… et après un temps indéterminé à suivre ce joyeux bordel sur les rues pavées, on arrive aux escaliers de Lapa. Là où sont déjà assises quelques personnes pour profiter tranquillement de leur caipirinha.

"Excusez-moi on voudrait passer, on est dix mille. Tu vas devoir te pousser un peu."

« Excusez-moi on voudrait passer, on est dix mille. Tu vas devoir te pousser un peu. »

J'ai pas de légende rigolote donc à la place je mets une blague : Qu'est-ce qu'un petit pois qui se bat avec une carotte ? Un bon duel.

J’ai pas de légende rigolote donc à la place je mets une blague : Qu’est-ce qu’un petit pois qui se bat avec une carotte ? Un bon duel.

Et c’est bien chouette, et en rentrant on s’aperçoit qu’on est restés six heures. Une dernière bouffée de carnaval.

Jeudi 14 février – Interlude : le Onzième Docteur

Jeudi 14 février, j’ai emménagé dans ma nouvelle chambre, et c’est chouette.
Journée plage. Avec Camille on tourne une partie du clip à envoyer pour la soirée d’adieu de la promo de l’école en France. Mon petit bateau en papier qui part naviguer dans les vagues intrigue trois gamins, on les recrute pour la vidéo, c’est sympathique.
Le soir, un dernier bloco (le camion de son est déguisé en canette de bière géante), où ils ne connaissent apparemment qu’une chanson…
Puis Camille va prendre son bus pour rentrer à São Paulo (oooh). Elle est loin d’être motivée pour la reprise là-bas.

Finalement on finit la soirée au quartier de Baixo da Gavea. J’y étais déjà allé une fois, c’est une place entourée de bars et remplie d’étudiants, mais pas de musiciens, donc c’est moyennement intéressant. On y part à quatre Français (Sandra, Leslie, Jean et moi), avec un mélodica et un violon pour tripper un peu… On joue au milieu du carrefour parmi la foule, mais on ne trouve pas notre public ; tant pis, ça reste rigolo.

Puis je crois reconnaître quelqu’un sur le trottoir d’en face. Gah. Il… Il discute avec deux Brésiliens, je n’entends pas s’il parle portugais ou anglais, si c’est juste un sosie ou si c’est le vrai. Je vais jouer un peu plus près, pour essayer d’entendre leur conversation. Je n’y arrive toujours pas. Je commence à hyperventiler. Bon, allez, je veux en avoir le coeur net : est-ce que c’est bien Matt Smith ??

Matt Smith, c’est l’acteur qui joue la onzième incarnation du Docteur dans la série de science-fiction britannique Doctor Who. La série est née en 1963, arrêtée en 1989, reprise en 2005, et est un culte pour geeks. Elle raconte les aventures du Docteur (c’est son nom, il est alien…) et de ses compagnons humains à bord de sa machine à voyager dans les dimensions relatives de l’espace et du temps. Tout ça pour dire que bon sang ! gah !

Je perds toute notion d’éloquence quand il s’agit de blogger à propos de cette histoire, alors sur le moment même, c’était pire. Et en plus je dois retrouver mes mots en anglais, ça fait un peu de temps que j’ai pas pratiqué la langue, SURTOUT AVEC LE PREMIER DOCTEUR NOMINE AU BAFTA COMME MEILLEUR ACTEUR.
« HI I’M ARTHUR ARE YOU WHO I THINK YOU ARE ? »
« Well, hey !… What do you think exac- »
« ARE YOU MATT SMITH ?? OH MY GOD MAIS OUI ! »
*lui serre la main vigoureusement*
« I’M… I’M… BIG FAN. HEY ! AMAZING ! »
*continue à lui serrer la main vigoureusement*
« CAN I… CAN I TAKE A PICTURE WITH YOU ? PLEASE ?! »
« Oh, yeah, of course ! »
*réalise que ça devient socialement mal vu de continuer à lui serrer la main*

Matt Smith à Rio

Voilà du coup ça c’est moi et le onzième docteur. J’ai le sourire « un peu » crispé.

J’essaie de parler. Je trouve quelques banalités bien intentionnées, comme « est-ce que tu aimes Rio ? », « Bienvenue au Brésil alors » et « Bwlghzafrhrfr ». Il me demande de jouer un truc au violon pour voir, on cale trente secondes de Hava Nagila. J’ai les mains moites et mon solo tombe à plat.

« OK DESOLE J’AI HONTE MAINTENANT MERCI C’ETAIT SUPER JE VAIS VOIR AILLEURS MAINTENANT ! »

On s’est salués, je l’ai laissé avec ses potes locaux, et je suis rentré en poussant des petits « youpis ! » tous les dix mètres.

***

Billet court, mais l’histoire méritait sa propre page.

Apparemment il est là depuis quelques temps déjà :
http://doctorwhobrasil.com.br/2012/01/saga-matt-smith-no-rio-parte-1/
Et je crois que le Brésilien avec Matt Smith ce soir là, c’était le fan de la photo du bas de la page en lien. Il doit kiffer…

***

Bisous à tous mes amis geeks.

***

Mardi Gras – Carnaval ! Episode IV : Fin des haricots


Hier tempête de printemps : j’allais sortir pour aller répéter… et le ciel s’est déchaîné, le câble électrique en face de la maison a explosé, du coup soirée à la bougie et à la caipi.

***

Mardi Gras, le 12 février, marque la fin officielle du carnaval. Le lendemain c’est Mercredi des Cendres, début du Carême, et toute la ville jeûne et arrête de faire la fête pendant quarante jours* (NdA : dans ce post les astérisques préviennent de la présence d’une blague, j’aurais pu utiliser un autre signe typographique mais ça aurait été pédant, voire cuistre.)

C’est donc le moment de se lever tôt et tenter la combinaison gagnante « Bloco le matin, bloco l’après midi, et fête le soir », et se réveiller à Pâques avec la gueule de bois. On s’est donc levé tôt… enfin, à trois. Direction la Praça São Salvador, d’habitude j’y vais jouer avec la troupe, mais cette fois-ci on a préféré aller voir le Pape. L’ancien, je veux dire.

Comment parler de pape au concile ?

Habemus Sambam !

L’ambiance à 10h-11h y est familiale et bon enfant. Une bataille de pistolets à eau improvisée rafraichit la foule, les personnes âgées et les petits enfants partagent le même pas de danse… en arrivant à l’heure annoncée, le bloco n’a pas vraiment commencé, mais de la musique de carnaval sort de quelques haut-parleurs.

On devait rejoindre Paul, pote de Leslie (le Paul-pote, oui*), un Anglais fort sympathique, et effectivement on le croise en partant alors qu’il arrive. Les horaires sont vastes à Rio.

A midi, on se regroupe et on grignote un coup avant d’aller se ravitailler chez Fernando. On part avec les Français habituels, Fernando, et Juliana sa copine, direction : bloco de l’Orquestra Voadora sur l’aterro de Flamengo. On cuit dans le bus, il fait plus chaud d’un coup…

L’Aterro est une voie rapide bordée d’un parc, espace gagné sur la mer il y a quelques décennies. La route est fermée pour le carnaval, et l’endroit est optimal pour cet après-midi : très vaste, des arbres fournisseur d’ombres, une vue magique sur le Pain de Sucre et plein, plein, plein de gens. On essaye de rester grouper… et en cinq minutes on s’est perdus : Juliana et Fernando d’un côté, Camille et Sandra d’un autre, Leslie, Jean et moi d’un troisième. Tant pis. On s’immerge dans la foule, et c’est magique. La musique est excellente, l’ambiance survoltée, les déguisements plus originaux les uns que les autres, et j’ai le sourire jusqu’aux oreilles.

Il y avait un peu de monde

Il y avait un peu de monde

Camille et Sandra, sponsorisée Antartica

Camille et Sandra, sponsorisée Antartica

C'était fou

C’était fou

Une fille avec des grandes jambes, c'est pas pratique pour s'asseoir.

Une fille avec des grandes jambes, c’est pas pratique pour s’asseoir.

Après une heure ou deux de suivi du camion de son, à louvoyer entre des gens déguisés en lutins ou en cônes de signalisations, on retrouve notre accordéoniste au tambour. Ce doit être le seul de la foule à être en cravate et en chemise.

Technologie Tam-Tam

boum boum boum boum

Alors lui il a pas de portable, et les réseaux téléphoniques sont saturés de toute façon, mais il s’en fiche, il a mieux : quand Juliana se perd, il tambourine très fort, elle entend et elle débarque de nulle part. Pour ma part j’ai essayé de taper mais aucune jolie fille est venue sauter dans mes bras, j’ai dû mal m’y prendre.

L’espace est ainsi fait que tu peux soit aller te perdre dans la foule et la musique et les musiciens et échassiers, soit t’écarter un peu pour discuter sur l’herbe avec des gens dans un endroit plus dégagé, et c’est chouette.

A 19h, après cinq heures de folie, on arrive au bout de la route. On se pose près du Musée d’Art Moderne, face à la marina. C’est beau. Mais au lieu de prendre une photo de l’endroit, on a pris un gros insecte.

A Rio même les chenilles se déguisent pour le carnaval !

A Rio même les chenilles se déguisent pour le carnaval !

Il était bon*. Tiens, au passage, où les végétariens peuvent-ils trouver une bonne source de protéines ?

…dans la viande.

***

En rentrant, on se fait un jus d’ananas naturel, et ça passe bien. On se couche et on se réveille à minuit pour aller en soirée.

On est partis après une ou plusieurs caipi, remarque

On est partis après une ou plusieurs caipi, remarque

La soirée est une VoodooHop : venue de São Paulo, et réputée assez magique, servant aussi d’exposition artistique voire d’atelier de peintre… Rien de cela à Rio, mais l’endroit est intéressant : en haut de la favela pacifiée de Vidigal, vue impressionnante et donnant sur le lever de soleil. On a galéré pour avoir des places.

Alto Vidigal

Alto Vidigal

L’objectif était de rester toute la nuit pour le voir, ce lever de soleil, mais bien vite on déchante : la place est vraiment bondée, et majoritairement des étrangers, ça parle plus anglais que portugais, et la musique n’est pas très bonne. Dommage… La fatigue n’aide pas non plus. J’apprends plus tard que Camille et Sandra se sont enfuies brusquement vers un baile funk un peu plus bas. On reste à trois, j’ai un gros coup de barre soudainement, tant pis pour l’aurore, on rentre en mini-van.

Le carnaval a largement tenu ses promesses, et j’ai passé la semaine à halluciner sur le fait que j’étais réellement là, au Carnaval de Rio. J’aurais été tout aussi incrédule si on m’avait dit que j’irais un jour à un concert des Beatles ou à Narnia ou que j’arriverais à replier une carte routière dans le bon sens du premier coup.

***

C’est pas vraiment fini non plus… Je veux dire, techniquement le temps du carnaval est passé, mais il est certaines personnes qui voient le temps comme une sorte de, euh… timy-wimy ball ? héhéhé. Compte rendu à venir.